La Salpêtrière et compagnie – 1

 

Peut-être n’avez-vous pas eu le temps de lire le début de ce blog où j’expliquais qu’une fois décidée à faire un sevrage médicamenteux j’ai en premier pris rendez-vous via internet à l’hôtel Dieu. Suite à ce RDV, six mois après, j’ai vu en consultation un spécialiste du sommeil et de la vigilance et un enregistrement de mon sommeil a été programmé. Suite à cet examen, le spécialiste m’a envoyé vers un autre qui est à la fois référant à la Salpêtrière et en même temps généraliste dans un village de mon département. Ce dernier m’a prescrit le port des lunettes de photothérapie et les 3 mg de mélatonine. Il m’a aussi indiqué comment commencer mon sevrage en diminuant le Lexomil pour progressivement le remplacer par l’Atarax.

Oh comme c’est facile inscrit comme cela sur le papier de l’ordonnance. Il suffit de réduire un médicament, d’à la fois en substituer un autre et le tour est joué. Sauf que mon organisme intoxiqué par cette chimie pernicieuse ne le voit pas sous cet angle. Il réagit avec violence et la valse infernale de mes angoisses augmente considérablement en me laissant (quasi en permanence) dans un état confus. C’est le tout ou rien avec des sensations exacerbées ou totalement absentes comme anesthésiées, une perception du monde et de mon entourage complètement déformée sans oublier ma vision ophtalmique qui s’altère. Bref c’est le bazar, le bordel à chaque instant de ma vie car je ne sais plus discerner ce qui est bon ou pas pour moi. Quand je suis allé en consultation(le spécialiste sommeil qui exerce à la Salpêtrière), m’a aussi laissé entendre que je devrais aller à Paris une fois par mois pour être vue par une équipe de psychologiques et qu’on me contacterait pour me donner rendez-vous. Cet équipe doit normalement pouvoir établir quel est mon état émotionnel qu’il soit celui du passé ou l’actuel. J’attendais donc beaucoup de ce support surtout en me voyant être aussi mal en point. Que nenni deux mois après donc début du moi de Mai, toujours aucun appel en ce sens et pourtant le médecin m’a bien précisé qu’il  avait donné consignes pour que je sois contacter en vue d’une hospitalisation de jour ???

Ne voyant rien venir au bout de deux mois, je me connecte donc sur internet et je cherche un numéro de  téléphone sur la salpêtrière. Après maint coups de fil (et toujours bien accueillie au bout du fil),  j’arrive à joindre le service concerné. Une infirmière vérifie que le spécialiste a bien prévu mon hospitalisation et elle me dit qu’elle me rappellera quand elle aura de la place car la place est chère dans ces services spécialisés et pas de créneau avant le mois de Septembre. Je lui ai brièvement expliqué ma situation avec ma difficulté émotionnelle qui chaque jour et chaque nuit est si dure à vivre. Elle avait une voie très douce et empathique, j’avoue que ça fait du bien. Quelques jours plus tard, elle me rappelle, j’y vais donc le 20 juillet pendant une journée et là je serais vue et entendue par différentes personnes.

Ouffffffff, enfin je dirais car même si au quotidien je suis soutenue par mon conjoint, ce n’est pas si simple que ça à gérer, surtout pour lui. Il est très patient, très doux et il ne me systématise pas si je suis infecte car je passe du coq à l’âne, je ne me souviens de rien et surtout je réagis au quart de tour sans réfléchir tout en ne faisant même pas attention à lui. Quand je me rends compte de mon état, je suis affolée de m’apercevoir de mon comportement et de ce que je lui  fais subir.

Heureusement que je suis à un âge où je n’ai plus d’enfants à m’occuper et que  je ne travaille pas en ce moment sinon j’aurais du mal à vraiment gérer mon quotidien. J’ai encore suffisamment de force morale ou de caractère pour que cela ne soit pas perceptible lors de mes différentes sorties sociales, amicales et familiales. J’arrive encore à rester enjouée, percutante donc ça va. Je n’aime pas ne pas être bien pour ceux que j’aime ou ceux que j’apprécie, j’espère donc qu’il en sera toujours ainsi et que mise à part ici sur ce blog rien ne transpirera de mon état. C’est un fer de lance pour moi que de rester intacte ou le plus possible et c’est ce qui m’a peut-être toujours sauvé.

Malgré un parcours de vie tout autant alambiqué que sinueux avec des phases de désarroi, de déprime voire de dépression très importantes, je n’ai jamais été hospitalisée car farouchement, ne voulant m’en sortir que mes propres moyens, j’étais donc contre toute forme d’hospitalisation de ce type. Mes soucis ont commencés quand j’ai eu 16 ans et j’en ai 40 ans de plus aujourd’hui. Le 20 juillet sera donc la première fois que j’entrerais dans un service de psychiatrie. J’avoue qu’à la réception de la convocation j’ai eu comme un moment d’hébétude et de consternation en voyant que je serais hospitalisée dans cette spécialité si particulière. Bien sur que j’ai vu des psy qui m’ont beaucoup aidé. J’ai aussi fait des stages de développement personnel et beaucoup lu pour m’améliorer. Les différents thérapeutes qui m’ont suivi tout comme les médecins généralistes ont tous dit que je m’en sortais bien, oui mais à quel prix. Actuellement et ce depuis plusieurs années, je n’ai aucun suivi psy.

Bref rendez-vous en juillet pour savoir ce qu’il sera dit de mon état émotionnel et du reste aussi car physiquement, il va de soi qu’on se délabre l’âge venant mais je le suis d’autant que psychologiquement le mal être fait des dégâts. Dégâts qui, je trouve ne se voient pas à l’œil nu mais je les ressens bien au fond de moi. Fatigue permanente, irritabilité, impatience, peau et muscles altérés et j’en passe car j’y reviendrais sur un autre post !



2 commentaires

  1. Linda 18 juin

    Bonjour,

    Je viens d entendre une partie de votre temoignage chz Caroline Dublanche en podcast Et c est ce qui m a amené sur votre page fb et sur votre blog I est si important à mon sens que les temoignages soient partagés, diffuser ..
    Bravo pour votre tenacité, votre clairvoyance. votre joie de vivre …

    Amicalement

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  2. songesdunenuitandette 22 juin

    Merci de m’avoir lue. En effet si je fais ce blog c’est pour à la fois déposer quelques part mon vécu car c’est thérapeutique et en même temps le partager avec ceux qui en aurait besoin.
    Peu de choses sont faites pour les personnes qui essaient de se désintoxiquer des tranquillisants, aussi, si je peux apporter mon éclairage, c’est toujours ça !

    Répondre

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